Le seul SIRH dédié aux métiers du transport

Ces gendarmes à la remorque des camions

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Actualité STSQue ceux qui pensent encore que les routiers étrangers roulent chez nous en toute impunité se détendent. Ainsi, ce chauffeur espagnol, arrêté le week-end dernier près de Saintes, a-t-il dû verser une caution de 12 000 euros avant de reprendre la route.

Soulignons tout de même que celui-ci cumulait 17 infractions, dont une fraude à l’appareil de contrôle et de nombreuses contraventions aux conditions de travail. Un peu plus tôt dans la journée, toujours sur cette même portion d’autoroute, l’un de ses compatriotes avait déjà déboursé 4 500 euros pour avoir, lui aussi, bêtement laissé son chronotachygraphe ouvert.

En Charente-Maritime, 76 gendarmes, dont 60 motards, sont affectés à l’escadron de sécurité routière. Le major Dominique Luzinaud est l’adjoint au commandant de cette unité départementale chargée, entre autres, de traquer les routiers pas sympas. Chaque jour, au moins 4 700 poids lourds se croisent sur l’autoroute A 10, et plus de 7 800 sur la route nationale 10, soit 42 % du trafic total entre Bedenac et Montlieu-la-Garde. 1 300 d’entre eux ont été verbalisés l’an dernier.

« Sud Ouest » : 12 000 euros de caution demandés par le Parquet de Saintes, c’est la recette miracle pour lutter contre l’impunité des routiers étrangers ?

Major Luzinaud. Disons que cette consignation correspond à peu près à l’amende que ce chauffeur espagnol risque au tribunal. C’est donc une façon de garantir le paiement. Nous ne les laissons, de toute façon, pas repartir avant qu’un correspondant de leur entreprise n’effectue le paiement. Cela peut prendre quelques minutes comme plusieurs jours.

L’an dernier en Charente-Maritime, à l’inverse des automobilistes, les infractions concernant les routiers ont augmenté de 30 %.

Une tendance durable ?

Nous sommes, en effet, sur les mêmes bases pour 2009. Mais cette statistique est sans doute en partie gonflée par la généralisation du chronotachygraphe, en remplacement du disque traditionnel. Cela facilite notre travail, et donc le nombre de contrôles. Les agents de la Direction départementale de l’équipement (DDE) en effectuent également régulièrement.

Quelles sont les infractions que vous constatez le plus souvent ?

Essentiellement celles liées aux horaires de repos et de conduite. Certains chauffeurs roulent sans cesse pour rentabiliser au maximum leur convoi. Cela les pousse parfois à truquer les appareils de mesure. Même s’il était jusqu’alors assez simple de trafiquer le disque, des petits malins savent déjà pirater le nouveau système électronique… mais nous avons nous aussi nos experts.

La surcharge fait également partie des classiques, et pas seulement sur l’autoroute. Nous repérons assez vite ces camions-là : ils roulent très doucement et leurs pneus ont l’air d’être à plat.

L’alcool et la vitesse font aussi partie de ce hit-parade ?

Oui, mais le phénomène reste assez limité. Pour l’alcool, cela s’explique, peut-être, par le fait que nous n’avons pas de grands centres routiers dans le département. Le problème du non-respect des distances de sécurité est, en revanche, un problème récurrent, en particulier sur la route nationale 10. C’est d’ailleurs pour cela que nous montons – une fois par mois – une opération avec l’hélicoptère de la gendarmerie de Limoges.

Vu du ciel, il n’y a plus de contestation possible, et nous mettons souvent en évidence l’infraction sur de longues distances. L’hélico est aussi très pratique pour surveiller les dépassements non autorisés, entre poids lourds, sur la quinzaine de kilomètres qui séparent Bedenac de Montlieu-la-Garde. Pour compléter le tableau, il faut enfin savoir que les gendarmes contrôlent la bonne hygiène des camions frigorifiques… histoire aussi de s’assurer que ces véhicules – les seuls à pouvoir circuler le dimanche – ne transportent pas autre chose que des denrées périssables.

Certains ont longtemps considéré les autoroutes françaises comme des zones de non-droit pour les routiers étrangers, notamment espagnols et portugais, mis sous pression par leurs employeurs…

Parmi les étrangers, ces deux nationalités sont, en effet, les plus verbalisées en Charente-Maritime. Mais c’est aussi parce que ce sont les plus nombreux sur cet axe. Pour le reste, nous avons du mal à nous faire une idée précise de l’évolution de leurs moeurs. Sachant que les équipages sont de plus en plus internationaux : des camions espagnols, des chauffeurs de l’est, etc.

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